Point de vue FO

« Au bal des hypocrites, les patrons mènent la danse » ! – extrait du JEC n°56

« Au bal des hypocrites, les patrons mènent la danse » ! – extrait du JEC n°56 dans Point de vue FO jec-n56-200x200La ministre Bricq a convié les organisations syndicales et patronales ainsi que les représentants de diverses enseignes de la distribution, les ONG et un député de Meurthe-et-Moselle à une réunion faisant suite au dernier accident en date au Bangladesh qui a tué des milliers de travailleurs de l’industrie textile.

A noter que l’effondrement de l’usine de Rana Plaza fait suite à de nombreux incendies dans des entreprises de textiles qui ont fait des centaines de morts. D’ailleurs, en additionnant tous les salariés qui ont péri dans les incendies, nous devrions dépasser le nombre de morts de Rana Plaza. Mais des accidents étalés dans le temps ne semblent pas interpeller autant que 1 000 d’un coup.

Donc, les entreprises françaises qui se fournissent auprès de ces entreprises de la honte ont décidé de faire un geste et d’indemniser les victimes ou leurs parentèles. Attention point trop n’en faut, celles du Rana Plaza.

Toutes nous ont expliqué faire des accords, des chartes, des codes éthiques obligeant leurs fournisseurs à s’engager à offrir des conditions de travail décentes, à ne pas avoir recours au travail des enfants. Sauf que les fournisseurs sous-traitent une grande partie des commandes et là, les entreprises françaises se disent démunies. Sauf qu’elles ne tiennent aucun compte des capacités des fournisseurs pour exécuter une commande dans l’urgence et il semble que ce soit très souvent le cas.

Beaucoup de ces sociétés, individuellement ou collectivement, font procéder à des audits sur la sécurité des bâtiments. A Rana Plaza, l’audit a été fait par le cabinet BSCI qui est indépendant. Enfin, on peut avoir des doutes car l’audit a été fait dans les mois précédant le drame.

Le représentant de LECLERC a dit faire des audits tous les 3 ans, plus des visites d’inspection et veiller à la mise en place de… syndicats locaux. Certains autres patrons ont qualifié ce drame d’incident, l’un d’eux rappelant même que la rupture d’un barrage au Bangladesh avait causé bien plus de morts… A force de trop compter les bénéfices, certains semblent ne plus se souvenir que la mort d’un salarié, c’est la mort d’un être humain et le malheur des siens.

Notre délégation a rappelé qu’il n’y a pas que l’effondrement des bâtiments qui est funeste à la santé des salariés, mais également tous les poisons ou méthodes de production (sablage…) qui, s’ils ne tuent pas rapidement, conduisent beaucoup de travailleurs malades à être exclus du monde du travail.

Nous avons également fait un rapprochement entre course aux bénéfices et donc aux prix bas et conditions de travail désastreuses. Comment vendre un article en faisant dix fois la culbute et en restant compétitif sans fermer les yeux sur les conditions de travail, sur la liberté des travailleurs, sur leurs salaires ?

Il n’y a pas que le Bangladesh. La Chine, le Vietnam mais aussi la Birmanie sont également des pays d’approvisionnement et si la contestation monte dans certains pays et arrive bien que très difficilement à s’exprimer, d’autres salariés restent murés dans leur misère.

Dans cette affaire, les coupables sont pléthores : les gouvernements des pays exportateurs, les fournisseurs, les revendeurs. Tous cherchent à augmenter leurs profits !

N’oublions pas que dans cet inventaire, les grands visionnaires, comme Jacques ATTALI, conseillent d’augmenter le pouvoir d’achat par la diminution des prix à la consommation.

Le résultat est maintenant mis en lumière, c’est la misère et la mort.

Les gouvernements successifs ont leur part de responsabilité en faisant tomber les frontières et diminuer les moyens de contrôle des normes pour favoriser la concurrence libre et non faussée, aux bénéfices de ceux qui ont le pouvoir de faire circuler les flux financiers et les moyens de production. Ceci est bien loin du niveau du consommateur en bout de chaîne que l’on voudrait responsabiliser.

Le consommateur, qui est souvent un salarié mais aussi un électeur, revendique des augmentations de salaire pour une augmentation du pouvoir d’achat ouvrant d’autres perspectives que la misère. Quant à l’électeur, il a su s’exprimer contre le projet de constitution européenne qui, dans ses grandes lignes, est mis en application pour faciliter l’exploitation des salariés.

Les employeurs cherchent même à exporter le savoir-faire d’exploitation des salariés en France : polyvalence outrancière, temps partiel devenu la règle, salaires insignifiants, rythmes difficilement soutenables d’où, d’ailleurs, le temps partiel. Et ce n’est pas l’ANI (accord national interprofessionnel), signé en janvier, sur la sécurisation du travail qui va améliorer les conditions de travail…

Le « moins cher » semble être devenu la nouvelle maxime. VIRGIN ferme, mettant à la porte des centaines de salariés et solde les produits à -50%. Aussitôt, c’est la ruée vers l’or de la consommation. Dans une période de crise, elle s’exprime dans un besoin d’exister au détriment des victimes des licenciements. N’oublions pas que ceci est orchestré par ceux qui font ces offres et qui licencient, c’est-à-dire la direction de Virgin et l’actionnaire.

Souvenons-nous qu’en achetant à bas prix, nous sommes victimes, comme les travailleurs, de ces pays lointains. Seule la défense et l’amélioration de nos droits et des conventions de l’OIT pourront aider la classe ouvrière.

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