Revue de presse

DE L’ALLEMAGNE À LA CHINE PUIS AU BANGLADESH, LA COURSE AU PROFIT N’A PAS DE FIN – FO hebdo n°3122 du 2 juillet 2014

En 1990, l’Allemagne était le principal exportateur mondial de textiles (12%), suivie de l’Italie. La Belgique, la France et les États-Unis figuraient encore parmi les dix premiers exportateurs mondiaux, avec Hong Kong, la Chine, Taïwan et la République de Corée. Une génération plus tard, la Chine, qui réalise 38% des exportations mondiales, a supplanté l’Allemagne en tête de peloton et le Bangladesh a pris la deuxième place depuis 2009. Quatre pays –la Chine, le Bangladesh, l’Inde et le Pakistan– contribuent à eux seuls à plus de 50% des exportations mondiales du textile habillement, dont le commerce mondial a explosé. Il est passé de 358 milliards de dollars par an en 2000 à plus de 700 milliards en 2013. Sur cette période, les exportations chinoises et bangladaises ont quadruplé, celles de l’Inde ont doublé. Entre 2000 et 2012, le chiffre d’affaires du textile bangladais est passé de 4,8 milliards de dollars à plus de 20 milliards.

Que s’est-il passé?
La mondialisation de l’industrie textile, à la recherche du coût du travail le plus faible possible, est ancienne. Le secteur a commencé à se développer en Asie dans les années 1960. Mais le processus s’est considérablement accéléré depuis la fin de l’accord multifibres (AMF) en 2005. Cet accord, conclu dans le cadre de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), fixait aux pays des quotas d’exportation à ne pas dépasser pour préserver la production dans les pays industrialisés.
Sa suppression a fait l’effet d’un big-bang, fatal à l’industrie du textile européenne et nord-américaine, mais aussi à celle de pays comme le Mexique, le Maroc ou la Tunisie. La compétition n’étant plus encadrée, la recherche du coût du travail le plus faible n’a plus de limites. En réalité, les seuls vrais vainqueurs sont les multinationales de la distribution.

Et maintenant, l’Éthiopie ou… Les États-Unis?
La mondialisation du secteur textile-habillement après 2005 s’est traduite par un glissement du pouvoir des producteurs vers les grandes marques de la distribution. Les producteurs ne sont plus que des sous-traitants de ces dernières, des ateliers dont elles ne sont même pas propriétaires.
Mais elles s’en moquent. Au contraire, cela leur permet de se dégager de toute responsabilité quant aux conditions de travail et de sécurité. Les maîtres de l’industrie textile sont désormais ceux qui vendent sa production, expliquaient déjà en substance, en 2007, Benoît Boussemart et Alain Roncin de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques).
Dans cette partie, la Chine dispose, a priori, des meilleures cartes: un faible coût du travail, une absence de véritable syndicat, un haut niveau de formation, une infrastructure évoluée. Oui, mais voilà… les grèves se multiplient et les salaires augmentent. En 2012, le salaire annuel moyen a bondi de 17,1%, après une hausse de 18,3% en 2011. Le salaire minimum a lui augmenté de 15% de 2011 à 2013, pour atteindre 200 euros. Du coup, les grandes marques ont commencé à chercher de nouveaux fournisseurs, notamment au Bangladesh, où le salaire minimum ne dépasse pas 30 euros. De plus, les entreprises chinoises se tournent vers la demande intérieure et certaines ont même créé leurs marques. Elles ont elles-mêmes commencé à délocaliser leur production, en particulier au Cambodge. Mais de nouveau, la roue tourne… Les récents mouvements sociaux au Bangladesh et au Cambodge font que le suédois H&M, numéro deux mondial de l’habillement derrière l’espagnol Inditex (Zara), a récemment décidé de transférer une partie de sa production de l’Asie vers l’Éthiopie, où il pourrait faire fabriquer 1 million de pièces par mois. Et pour la première fois, un groupe chinois, Keer, déplace son usine textile de Chine aux États-Unis, qui offriraient aujourd’hui, selon plusieurs études, le coût du travail le plus faible des pays développés. Et pour cause, les salaires n’y ont pas augmenté depuis vingt-cinq ans en dollars constants. En 2006, une entreprise gagnait 17 dollars en moyenne en produisant un objet en Chine plutôt qu’aux États-Unis.
Aujourd’hui la différence n’est plus que de 9 dollars, selon une récente étude du réassureur Euler Hermès. Les États-Unis bénéficient aussi de la faiblesse des coûts de l’énergie grâce à l’exploitation du gaz de schiste.

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Extrait de FO hebdo en lien avec l’article :

http://fecfocommerce.unblog.fr/2014/07/02/industries-textiles-en-asie-les-ravages-de-la-mondialisation-fo-hebdo-n3122-du-2-juillet-2014/

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