Revue de presse

Les perturbateurs endocriniens provoquent des malformations chez les nouveaux-nés

Trois nouveau-nés masculins sur 1 000 sont touchés d’une malformation génitale quand leur mère a été exposée pendant la grossesse à des produits chimiques. Telles sont les conclusions de l’étude publiée dans European Urology, menée par deux chercheurs du CHU de Montpellier, Nicolas Kafta et Charles Sultan. Ils ont étudié pendant cinq ans dans différents CHU de Montpellier, Bordeaux, Nice et Marseille 600 cas d’enfants, dont 300 atteints d’hypospadias (une malformation de l’urètre). Cette anomalie masculine semble être en augmentation depuis cinquante ans. Cette étude met en exergue un risque de malformation trois fois plus élevé si les fœtus ont été exposés entre la huitième et la douzième semaines de gestation à des produits chimiques appelés perturbateurs endocriniens (PE), période où la différenciation sexuelle s’opère. Cette étude renforce ce qui est déjà connu depuis les années 1940 et donne l’ampleur de l’urgence à prendre en compte les dommages que peuvent provoquer ce type de produits chimiques.

En effet, le recul des méfaits de ces produits peut être illustré par l’emblématique problème du diethylstilbestrol ou DES, plus connu sous son nom commercial le distilbène. Depuis les années 1940 et particulièrement en France de 1950 à 1977, le DES a été administré aux femmes qui présentaient un risque de fausse couche et des risques de prématurés. Le DES démontre parfaitement les conséquences que peuvent avoir cette famille de produits chimiques, non seulement sur le fœtus ayant subi l’exposition mais aussi sur la mémoire transmise à travers les générations futures. Le DES est une hormone de synthèse qui a été largement prescrite. Au total, 160 000 enfants ont été exposés à cette substance avec un pic de prescriptions vers 1970. Sur la génération de femmes exposées in utero au DES, elle a provoqué des malformations de l’utérus et du vagin, ayant pour conséquence l’infertilité et des difficultés de mener à bien une grossesse. Chez les hommes exposés in utero, des anomalies sont observées au niveau de l’appareil uro-génital. Cette première génération exposée au DES entre 1940 et 1980 a donné une descendance d’adultes atteints de problèmes génitaux et de stérilité. Ainsi se pose le problème des atteintes multigénérationnelles… Face à cela, une étude menée par l’AP-HP, l’iNSERM et financée par l’AFSSAPS a été mise en place pour suivre l’évolution de l’ensemble des femmes exposée in utero au DES et ayant donné naissance à un homme entre 1996-2008. Dans la troisième génération de familles exposées, des cas d’hypospadias ont été identifiés. Cela pose réellement le problème du risque multigénérationnelles de malformations génito-urinaires provoqués par ce perturbateur endocrinien car se révèlent aussi des cancers de l’utérus ou du sein à travers ces générations exposées directement et indirectement… Le DES est évoqué comme un problème majeur de santé publique.

D’autres cas d’atteintes plus récents médiatisés peuvent être énoncés comme :

  • 24 ans après l’accident d’une usine d’herbicides à Seveso (Italie), une étude a montré que les hommes exposés au nuage de dioxines ont eu deux fois plus de filles que de garçons ;
  • en Russie, des chercheurs ont montré que les travailleurs d’une usine d’herbicides, contaminés par les dioxines, ont eu des filles dans les deux tiers des cas ;
  • les escargots marins ou la faune piscicole vivant dans des zones, comme les alligators de Californie ou les grèbes, exposés à du DDT et ne pouvant plus se reproduire ont fait l’objet d’études déjà anciennes ;
  • le cas des éthers de glycol avec son lanceur d’alerte le Professeur Cicollella, ayant permis une prise de conscience de la dangerosité de l’utilisation de ces produits sur l’enfant à venir et l’interdiction des EG plus dangereux,le bisphénol A, connu pour avoir des propriétés œstrogéniques, est trouvé dans l’eau, dans certains polymères (dont plastiques de biberons), emballages plastiques d’aliments, boîtes métalliques (type boîtes de conserve) et les garnitures en métal de la nourriture en boîte, a fait l’objet d’une interdiction en début d’année ;
  • le bisphénol A, connu pour avoir des propriétés œstrogéniques, se trouve dans l’eau, dans certains polymères (dont les plastiques de biberons), les emballages plastiques d’aliments, les boîtes métalliques (type boîtes de conserve) et les garnitures en métal de la nourriture en boîte et il a fait l’objet d’une interdiction en début d’année ;
  • les pesticides organochlorés provoquent des cancers hormono-dépendants et touchent principalement les agriculteurs et plus précisément les applicateurs, comme le chlordécone autrefois utilisé dans les bananeraies. Il a contaminé les sols, les eaux et certains aliments d’origine végétale ou animale et a été utilisé notamment en Guadeloupe et en Martinique. Depuis, ce pesticide est classé cancérogène potentiel pour l’homme (groupe 2B) par le CIRC. Des études menées en 2011 montrent une relation entre exposition au chlordécone et la survenue du cancer de la prostate ;
  • le cas des phtalates, des retardateurs de flammes peuvent aussi être cités sans être exhaustifs.

Que sont ces produits chimiques ?

Le terme de perturbateurs endocriniens est apparu dans les années 1940, provenant de l’anglais « endocrine disruptor chemical (EDC) » pour caractériser des produits chimiques en capacité de modifier le fonctionnement du système hormonal.

L’ANSES définit un perturbateur endocrinien (PE) potentiel comme « une substance ou un mélange exogène, possédant des propriétés susceptibles d’induire une perturbation endocrinienne dans un organisme intact, chez ses descendants ou au sein de (sous)- populations. De manière générale, il s’agit de substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle qui peuvent interférer avec le fonctionnement des glandes endocrines, organes responsables de la sécrétion des hormones. Cette action peut passer par différentes voies :

  • le perturbateur endocrinien peut mimer l’action d’une hormone naturelle et ainsi entraîner la réponse due à cette hormone,
  • la substance peut empêcher une hormone de se fixer à son récepteur et ainsi empêcher la transmission du signal hormonal,
  • enfin, la substance peut perturber la production ou la régulation des hormones ou de leurs récepteurs ».

Le système endocrinien est essentiel à notre vie et à notre santé. Il régule la sécrétion d’hormonale. Les hormones jouent un rôle primordial dans le bon fonctionnement de notre métabolisme, lors la croissance, le développement, le sommeil et sur l’humeur.

Environ 1 500 substances susceptibles de modifier et d’interférer sur le fonctionnement du système hormonal ont été recensées. Ces produits sont omniprésents dans notre vie courante, a fortiori sur le lieu de travail. On les trouve donc dans les cosmétiques, dans les produits ménagers, les pesticides, les peintures, les polluants classiques, les fumées des usines d’incinérations, la fumée de tabac etc. En 2001, la commission des communautés européennes citait au moins 124 substances suspectes prioritaires (CCE, 2001) et la liste des substances à effet PE ne cesse de s’allonger.

Des effets multiples sur la santé

Les expositions à ces substances peuvent provoquer des effets sur :

  • le système reproducteur masculin et féminin, en partie décrit plus haut,
  • les cancers des organes hormono-dépendants (sein, prostate, testicules et thyroïde),
  • les atteintes neurologiques (déficience cognitive…),
  • les maladies métaboliques, (diabètes, obésité…),
  • les troubles du système neuro-immunologique (syndrome de fatigue chronique, fibromyalgie, sclérose en plaque…).

Leur mode d’action est particulier et réclame des mesures à la hauteur pour protéger la santé humaine mais aussi l’environnement. En effet, ils agissent :

  • à doses très faibles : ainsi la population générale est exposée à ces niveaux dans les habitations, dans l’alimentation (résidus de pesticides) dans les produits de consommation. Par ailleurs, l’effet-dose n’est pas linéaire car des effets à très faibles doses comme à de fortes doses peuvent être observés mais aucun effet aux concentrations intermédiaires… L’organisme est quotidiennement exposé durant toute la vie à ces contaminants, par inhalation, ingestion, ou contact. C’est donc un effet à long terme qu’il faut appréhender. On détecte leur présence dans le sang, les cheveux des bébés et des enfants, le cordon ombilical et dans les tissus adipeux des adultes ;
  • sur une période de l’exposition particulière : les perturbateurs endocriniens sont particulièrement dangereux pour les femmes enceintes, les nourrissons, les jeunes enfants et les adolescents pendant la puberté. Les expositions lors de ce que l’on appelle les « fenêtres critiques de développement » sont à éviter. Durant ces périodes, de très faibles perturbations du système hormonal peuvent dérégler la mise en place des structures et fonctions de l’organisme et éventuellement affecter jusqu’aux générations suivantes. Cette fenêtre du développement est particulièrement vulnérable. En novembre 2011, l’Académie de médecine a reconnu l’existence de données cohérentes en faveur d’un effet cancérogène potentiel ou probable du bisphénol A dans l’espèce humaine, surtout en période pré- ou péri-natale. Mais leur nature très variée et surtout ubiquitaire fait qu’ils se retrouvent dans l’air, l’eau, les médicaments, la pillule, les aliments… Ainsi, ils s’accumulent au fil de la chaîne alimentaire pour se concentrer dans les derniers maillons, y compris dans le lait maternel. Le cas de la maladie de Minamata (due à la pollution par le mercure) est un cas d’école qui peut être faire office d’exemple. De fait, la population dans son ensemble est potentiellement exposée à ces substances à toutes les étapes de la vie, particulièrement fœtale ;
  • par effet cumulatif et effet cocktail à considérer sérieusement : car des cas de synergies entre différentes substances par le jeu de l’accumulation ou de co-expositions ont été mis en évidence. Alors qu’à faibles doses et prises séparément, lesdites substances pourraient être considérées comme sans danger… C’est le cas par exemple des molécules à la fois classées comme mutagènes et perturbatrices endocriniennes (INSERM, 2008). Ces substances sont pour la majeure partie lipophiles. Une bioaccumulation peut s’opérer dans les tissus graisseux et peut entre autres être mobilisée conjointement quand l’organisme va venir puiser dans ces réserves.

Les divers pesticides présents dans les produits alimentaires sont particulièrement incriminés. Les fruits et légumes peuvent recevoir plusieurs traitements. Les résidus de pesticides sur les aliments seront ingérés par les consommateurs. Au-delà du consommateur, les agriculteurs sont en première ligne du fait des multi-traitements utilisés et par la pratique de la culture intensive. Le cas des pesticides est transposable aux cosmétiques. En s’appuyant sur sa base de données, qui scanne 15 000 produits d’hygiène et de beauté, Noteo, en lien avec le Réseau Environnement Santé (RES), a rendu publique une synthèse évaluant la présence de perturbateurs endocriniens dans les produits d’hygiène et de beauté. Il en ressort que 40 % des produits contiennent des perturbateurs endocriniens et qu’aucun segment de produits n’en est exempt, ce qui signifie que l’ensemble des consommateurs est soumis à une exposition quotidienne. L’étude révèle de surcroît que, dans la majorité des cas, ces substances à risque sont utilisées combinées avec d’autres au sein d’un même produit. Or, ce type de cocktails démultiplie l’effet des perturbateurs endocriniens.

  • Sur le temps de latence : les effets délétères des perturbateurs endocriniens peuvent se déclarer des années après l’exposition comme beaucoup de cancérogènes. En prenant le cas du distilbène, les dommages de l’exposition prénatale ne sont manifestés qu’à l’âge adulte. D’où l’urgence de la prise en compte de ces effets différés dans le temps sur les générations futures.
  • Sur plusieurs générations : le cas du distilbène illustre très bien cet effet.

Une atteinte générale

La pollution environnementale expose la totalité de la population à ces substances voire à ces mélanges. En effet, « la présence d’une usine d’incinération, d’une décharge, d’une usine chimique ou de culture intensive dans un rayon de 3 kilomètres autour du lieu d’habitation est plus fréquente dans le cas d’enfants hypospades », souligne le Professeur Sultan. Dans sa récente étude, le professeur, « démontre pour la première fois que l’exposition professionnelle habitationnelle ou domestique et a fortiori leur association augmente fortement le risque de malformation génitale ».

Le Professeur Sultan travaille actuellement à une autre étude qui pourrait mettre en cause de la même façon les perturbateurs endocriniens dans les cas de précocité pubertaire chez les filles, « un phénomène inquiétant » et « de plus en plus important dans le sud de la France », selon lui. « Jamais dans mon service il n’y a eu autant de garçons avec des micros pénis », se désole le professeur. Il en appelle au « respect du Grenelle de l’environnement » et à « l’arrêt urgent de l’utilisation des pesticides ». En effet, d’après les derniers chiffres, au niveau national, le recours aux produits phytosanitaires a augmenté de 5 % en moyenne entre 2009 et 2013 et de 9,2 % entre 2012 et 2013, principalement d’herbicides et de fongicides.

En effet, le rapport au Parlement relatif aux PE émis en juin 2014 est inquiétant dans son constat.

« Les perturbateurs endocriniens (PE) sont soupçonnés d’être à l’origine d’effets sanitaires, notamment de concourir à la survenue de pathologies aussi diverses que des malformations urogénitales (cryptorchidies, hypospadias…), des cancers (testicule, sein, utérus…), le diabète, l’obésité, les troubles de la reproduction, des troubles du comportement ou des troubles de l’immunité ».

« La diminution importante de la qualité du sperme, observée pour la première fois à l’échelle d’un pays et sur un très large échantillon proche de la population générale, est un signal préoccupant, qui renforce la nécessité d’une surveillance pérenne. Cette étude et celles menées au sujet des tendances temporelles des malformations urogénitales et des cancers du testicule montrent que les indicateurs du syndrome de dysgénésie testiculaire présentent en France une évolution temporelle convergente compatible avec une ou plusieurs causes communes ou avec des causes différentes de chronologies proches. Parmi les causes possibles, ces résultats sont compatibles avec l’hypothèse d’une exposition globale et diffuse aux PE mais n’excluent pas  d’autres hypothèses ».

Le milieu professionnel n’est pas en reste. Les sources d’exposition aux PE sont diverses (pesticides, solvants, métaux, médicaments etc.) et dans différents secteurs d’activités comme l’industrie pharmaceutique, les industries du phytosanitaires, les laboratoires cosmétiques et l’industrie des matières plastiques. Face au peu d’études dans le milieu professionnel sur les PE et conscient de l’enjeu de santé engagé, l’INRS a réalisé une étude pour définir les priorités d’études des PE préoccupants : phtalates, parabènes, 4-nonylphénol, filtres UV et enfin le bisphénol A arrivent en premiers. L’enjeu est important car plus de 300 000 salariés sont potentiellement exposés à ces substances dans ces secteurs d’activités.

Du point de vue réglementation

Il n’existe pas de classement des PE comme il existe pour les cancérogènes mutagènes et toxiques pour la reproduction. Néanmoins, plusieurs substances ont été classés par le CIRC. En catégorie 1, donc cancérogènes confirmés pour l’homme : le DES (distilbène), le benzo(a)pyrène, la dioxine dite seveso (2, 3, 7, 8 TCDD) et les polychlorobiphényles (PCB).

Cinq pesticides ont aussi été récemment classés comme cancérogènes probables par le CIRC. Le tetrachlorvinphos et le parathion sont classés comme cancérogènes potentiels pour l’homme (groupe 2B) ; pour le malathion (insecticide), il existe des éléments limités quant à l’induction de lymphomes non-hodgkiniens et de cancer de la prostate ; pour le diazinon, pour la déclaration de lymphomes non-hodgkiniens et des cancers du poumon et pour le glyphosate de lymphomes non-hodgkiniens.

Le 24 mai 2013, des chercheurs et des scientifiques internationaux ont signé la déclaration du Berlaymont en faveur d’un cadre règlementaire ambitieux et exigeant sur les PE : « La prévalence des maladies liées aux PE n’a jamais été aussi importante. Elles représentent un fardeau qui ne cesse de s’aggraver dans l’Union européenne et dans le monde ». Néanmoins, des divergences existent entre les experts. En effet, l’OMS et l’Agence européenne de l’environnement souhaitent ardemment une stricte interdiction des substances pouvant perturber la biodiversité et les systèmes endocriniens. À l’inverse, l’Autorité européenne de sécurité des aliments prône plutôt un système d’interdiction par seuils, donc moins stricte.

Combattre l’exposition des PE est un défi de santé publique

Ceci implique de :

  • pratiquer la substitution de PE, comme le préconise le Parlement européen dans un récent rapport, dans le cas où une substance (même à très faible dose) peut être considérée comme un perturbateur endocrinien, au lieu d’imposer des seuils d’exposition ;
  • redéfinir la toxicité en prenant en compte les faibles doses d’exposition et « l’effet cocktail » (le mélange de plusieurs substances) ;
  • reconnaître que les PE affectent directement ou indirectement l’augmentation des maladies chroniques comme le diabète, l’obésité, la cardiologie, les maladies neurodégénératives ou certains cancers ;
  • différencier et hiérarchiser les risques en tenant compte des populations les plus fragiles aux expositions. Les industriels refusent de traiter de la même façon les substances dont les risques sont « avérés » et celles pour lesquelles ils ne sont que « soupçonnés ». Ils insistent sur la nécessité de prendre des mesures au cas par cas pour chaque produit, tandis que les ONG ont une approche plus stricte, fondée sur le « danger intrinsèque » de certaines substances.

La question du coût de l’exposition des perturbateurs endocriniens sur nos systèmes de santé se pose aussi. Aucune estimation du coût des PE sur nos systèmes de santé n’existe.

Bien des initiatives et actions d’études apparaissent heureusement tant en France qu’en Europe pour étudier plus en profondeur les actions des PE sur les organismes pour pouvoir, à terme, mettre en place des indicateurs, une réglementation et un étiquetage harmonisés, l’évaluation des effets de ces substances sur tous les écosystèmes.

Le rapport du chercheur Andreas Konterkamp de la Brunel University à Londres, commandé par la Commission européenne en 2012, et la résolution portée par la députée européenne suédoise (S&D) Asa Westlund en mars 2013 ont relancé la machine européenne.

Le Parlement a demandé à la Commission de travailler sur plusieurs points :

  • renforcer l’information au grand public et développer davantage de chantiers de recherche liés à la santé et à l’environnement ;
  • hiérarchiser avec les États les groupes de substances à traiter en priorité et mettre en place des critères pour éradiquer l’exposition des PE sur les populations à risque ;
  • mettre en place une feuille de route sur la révision de la législation, avant le 20 décembre 2014, ainsi qu’une base de données sur les produits identifiés comme PE ;
  • renouveler les règlements sur les pesticides ou les biocides le cas échéant.

Avec la médiatisation du cas du bisphénol A, le gouvernement français a donné de nouveaux moyens au plan national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (qui date de 2005) afin d’améliorer la prévention sur les PE et d’éviter un scandale sanitaire.

Un groupe de travail entre industriels, associations, chercheurs et pouvoirs publics (ministères de l’Écologie, de la Santé et de la Recherche) s’est constitué pour établir la stratégie nationale des perturbateurs endocriniens (SNPE). Il a remis son travail au gouvernement fin août 2014. Aussitôt, une consultation a été ouverte pour recueillir les réactions des parties prenantes.

Plusieurs pistes sont annoncées :

  • doper la recherche sur les perturbateurs endocriniens, en mettant l’accent sur « les effets cocktails » ;
  • renforcer l’expertise au sein des agences sanitaires. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) pourrait évaluer une quinzaine de substances par an et recommander des plans d’action sur les produits suspects ;
  • mettre en place une méthode pour la règlementation et l’interdiction. Sur ce point, les opinions divergent entre une interdiction progressive ou une interdiction plus nette ;
  • améliorer l’information du grand public et des professionnels.

Des actions concrètes sur les molécules particulières ont été prises comme pour le bisphénol A, pour les phtalates etc.

Que faire en attendant ?

Une réelle réflexion en amont doit être menée en entreprise, avant toute utilisation d’un nouveau produit chimique sur son éventuelle action sur les glandes endocrines.

De plus, des cas de substitutions dans le monde du travail existent actuellement et ont prouvé leur efficacité.

À défaut, des solutions de confinement et de captage à la source devront être déployés pour protéger les salariés potentiellement exposés aux PE identifiés.

Les femmes souhaitant avoir des enfants, potentiellement exposées à des PE et a fortiori allaitantes, devraient notamment en discuter avec le médecin du travail pour trouver une solution de retrait, comme le réclame d’ailleurs le Code du travail. Il s’agit de garantir la santé de la future mère et de son enfant mais aussi d’assurer la protection des femmes en état de procréer. En ce sens, les risques pour la fécondité que présentent certains produits ont conduit à purement et simplement interdire l’affectation des femmes à des travaux les y exposant. Dans tous les cas, la réglementation met l’accent sur la nécessité de procéder à une évaluation des risques afin d’assurer aux salariés (hommes et femmes) une information suffisante concernant les risques liés à leur emploi et la possibilité d’affectation de la capacité de leur fertilité et fécondité.

Quant aux consommateurs, faute de l’application du principe de précaution dans les réglementations française et européenne, il est important de pouvoir développer une stratégie d’évitement par une consommation avertie grâce par exemple à la consultation de la base de données Notéo. D’après le rapport d’information fait à l’Assemblée nationale en février 2014, un consommateur réduit de 80 % son exposition, s’il consomme des produits bio. Les filières éco-labellisés offrent aussi une bonne garantie. Il est ainsi prudent d’éviter les aliments gras car les PE s’y concentrent. Concernant les emballages et objets plastifiées, ils sont identifiables par un symbole, un chiffre entouré d’un triangle et par un sigle indiquant le type de résine utilisé. Les plastiques les plus sûrs dans cette optique sont ceux possédant les chiffres 2, 4 ou 5. Les produits plastiques en cuisine doivent être évités car certains d’entre eux se dégradent à partir de 70 °C, d’utiliser des alternatives à l’utilisation de produits de nettoyage. Un dernier point mais pas des moindres concernant le textile : il est conseillé de laver les vêtements neufs avant de les porter car la production d’1 kg de textile réclame l’utilisation de 1 kg de produits chimiques. Pour les bébés, les dessins plastifiés sur les grenouillères et les flocages sont à proscrire car la probabilité qu’ils comportent des phtalates est élevée…

La route est encore longue mais une réelle prise de conscience de la dangerosité des perturbateurs endocriniens est en marche.

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http://www.miroirsocial.com/actualite/11943/les-perturbateurs-endocriniens-provoquent-des-malformations-chez-les-nouveaux-nes

Patricia Mouysset
Technologia
Cabinet de conseil

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